HAMOU BOUAKKAZ, le sens des autres
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Collectif le sens des autres
 
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LES CLINS D'OEIL D'HAMOU BOUAKKAZ

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Billet du 20/06/07

Qui disait qu'on ne peut pas faire du neuf avec des vieux (pardon, seniors) ?
Le nouveau gouvernement tentera peut-être de le faire avec Juppé et les
autres. Les Zimmers, eux, ont réussi. En cette période de reconduction pour
cinq ans de l'ancienne, vieille et blanche majorité parlementaire, voici un
groupe de rock pas comme les autres qui nous donne du sang neuf.
Sous la direction de Winifred Warburton, qui n'atteindra le score dont rêve
Sarkozy que dans quelques mois (il n'a que 99 ans), un groupe de nonagénaires
et de centenaires fait danser la planète, aux airs de My Generation. Pas
besoin d'attendre l'âge sénatorial pour faire partie, au moins de coeur, de
cette génération chaleureuse et dynamique.
Dans une société où les critères de la performance se rigidifient et
deviennent de plus en plus facteurs d'exclusion, où il faut être beau, jeune,
riche, quel bonheur de (sa)voir que l'on peut être un grand chanteur même à
90 ans, même sans dents et sans maquillage, comme Alf Carretta.
Et si c'était la musique, avec les Zimmers, avec Grégory Lemarchal et d'autres
talents encore, qui allait porter nos espoirs, nos rêves d'une société plus
humaine pendant cinq ans ?


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"Entre ces deux héros, je me sens français
au sens le plus universel de ce mot !"




A l'occasion de la commémoration du 50ème anniversaire de la mort d'Ali BOUMENDJEL, j'ai rencontré Madame le Général de la Bolardière veuve de Jacques de la Bolardière, seul officier supérieur à avoir condamné ouvertement la pratique de la torture pendant la guerre d'Algérie et Hocine AÏT HAMED, chef historique de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie.

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J'ai vu la môme !

Le plaisir d'aller au ciné était jusqu'à ces dernières années un luxe pour moi.
Pour voir un film en salle, je devais recourir à l'aide d'un tiers qui me décrivait les films en chuchottant.
Je n'ai jamais manqué de tiers.

+Cependant, j'ai souvent dû affronter l'ire des autres spectateurs que nos bavardages empêchaient de goûter au film.
J'ai donc vu des centaines de films en vf et y ai pris un plaisir largement dépendant des capacités de description de mon accompagnateur.
Depuis quelques années, un système permet à un non-voyant de disposer d'une description de certains films dans un casque.
C'est de cette façon que j'ai vu la môme avec mes enfants, comme n'importe quel papa poule.
C'est peu de dire que j'ai été bouleversé.
La grand-mère de Piaf était kabyle.
Piaf enfant a eu très peur de perdre la vue.
Cette presque aveugle et presque kabyle est et restera à jamais la voix de Paris.
La boucle est bouclée !
Piaf régénère la France, vivifie Paris parce qu'elle a su transcender et amalgamer dans une personnalité hors du commun ses infirmités, ses blessures et sa part de géni.
La performance de Marion Cotillard est époustouflante.
Courez-y. Ce n'est pas du grand cinéma mais cela vous donnera à méditer sur cette France construite aussi par le génie des presque étrangers et presque infirmes.


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dimanche 21 janvier
Je me suis rendu aujourd'hui à la géode pour un festival de films.
Accompagné de mes enfants, je suis arrivé à l'accueil où on m'a signifié premièrement que le premier film serait gratuit sur présentation de ma carte d'invalidité pour moi et mon guide et deuxièmement que je n'avais droit qu'à une séance par jour.
Quand j'ai exprimé mon souhait de voir deux films consécutifs, mon hôte a paru perplexe.
Après un laps de temps qui a dû lui paraître interminable, je l'ai délivré de ses soucis en lui précisant que je paierai plein tarif le second film.
Un sourire de soulagement a illuminé son visage et il m'a délivré les sésames.
J'ai vu un premier film sur les tyrannosaures.
Quand je dis que j'ai vu, en réalité, j'ai bénéficié à plein du son extraordinaire de cette salle qui donne l'impression que l'action se déroule tout autour de soi.
En revanche, je n'ai pas compris l'intrigue.
Il s'agissait de l'histoire de la fille d'un paléontologue qui voulait suivre son père dans sa quête du crétacé et qui au moyen d'un voyage onirique revient à l'ère des dinosaures et reçoit d'eux la prescience de découvertes à venir.
Mes enfants étaient fascinés, moi, j'étais heureux pour eux, heureux de leur avoir confectionné un bon week-end, mais terriblement frustré de ne pas pouvoir partager pleinement avec eux le film et de pouvoir l'enrichir, comme n'importe quel père.
Il en est souvent ainsi avec mes enfants.
Ils me décrivent, me guident, ce qui leur fait penser qu'ils ont une responsabilité supplémentaire et dévalue quelque peu mon autorité.

Plutôt que la gratuité, j'aurais aimé payer ma place et avoir l'audio-description du film.
Je reviendrai prochainement sur l'audio-description ! patience !
Le second film, pour lequel j'ai payé plein tarif, ne m'a pas plus été accessible.
Je l'ai pourtant beaucoup aimé.
Il m'a ramené à la Grèce, à sa langue, à sa musique, à son bouzouki si caractéristique...
Il portait sur les découvertes récentes sur la Grèce antique.
Plus descriptif et proche de la réalité archéologique, il ne faisait pas appel aux effets spéciaux mais donnait à voir l'extraordinaire apport de cette civilisation dans le mouvement des idées et dans l'émergence de la démocratie.
J'ai appris que l'île de Santorin a été détruite par la plus énorme irruption volcanique de tous les temps et que des traces de cette irruption se trouvent à l'état de poussière dans la banquise.
Fabuleux voyage dans l'espace, dans le temps, écho de la Grèce antique dans ma propre quête, j'ai adoré ce moment partagé avec mes enfants dont j'ai perçu les interrogations et l'émerveillement.
Comme le pâtre grec, je me sens moi aussi à la confluence de l'Europe de l'Afrique et de l'Asie, des valides et des personnes handicapées, du passé et de l'avenir !
Fidèle à Homère, un aveugle illustre, vais-je faire de ma vie une odyssée ?

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Jeudi 18 Janvier congrès de l'UNISDA
Sous-titrage et LSF deux clés pour l'entrée en citoyenneté des sourds.
Je reparlerai un autre jour de mon ami Jérémie, le héros de ce congrès de l'UNISDA.
Ce jeune homme sans complexe sait que le monde lui appartient et le rencontrer est meilleur que le meilleur des anti-dépresseurs.
Ce mercredi, plusieurs ministres et parlementaires ainsi que le gratin de la télé et du cinéma sont venus se faire tirer les oreilles par les sourds qui ne s'en laissent plus conter.
Malgré la loi de 2005, les sourds n'ont que difficilement accès aux contenus télévisuels et aux films français.
Si à Paris leur situation s'est améliorée, ils souffrent dans tous les actes de la vie quotidienne de leur difficulté à communiquer.
Pourtant, des solutions existent et ont été implantées dans d'autres pays.
Les USA par exemple leur offrent de bien meilleures perspectives tant professionnelles que pour la vie quotidienne.
Le secret ? Une systématisation des interfaces en langue des signes et un sous-titrage massif des médias et des lieux de contenu culturel ou universitaire.
Ségolène ROYAL qui est venu au congrès a donné beaucoup d'espoir.
Elle souhaite leur rendre accessible le téléphone et les services publics.
Par ailleurs elle promet de leur rendre accessible toutes ses réunions.
Un changement radical d'approche ? Je l'espère vivement.
Pour moi, ce congrès fut frustrant.
J'ai eu beaucoup de mal à communiquer et à échanger avec mes interlocuteurs.
Ils me fascinent mais restent mystérieux ! je crois que c'est réciproque.
Avec les sourds, le mail ou le sms seront encore longtemps mes meilleurs outils de communication.

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A la rencontre de mes racines
Ce soir, un érudit kabyle réunit chez lui autour du couscous familial quelques amis aussi disparates que son esprit est universaliste.
Outre mes enfants et moi, son épouse, il y a là un couple mixte franco-kabyle et deux professeurs qui ont en commun d'avoir exercé en Algérie immédiatement après l'indépendance.
Je n'ai pas connu l'Algérie de cette époque.
Pour moi, elle est une légende auréolée de gloire et nimbée de mystère.
Elle est kabyle ou inaccessible, je ne parle en effet pas l'arabe dialectal et il me faudra attendre l'école d'ingénieur pour apprendre l'arabe littéraire.
Ramdane qui nous reçoit ce soir est très volubile.
Il me fait voyager dans son village, me raconte comment il fut berger à 5 ans et comment son père, figure tutélaire se saigna pour qu'il puisse aller à l'école.
Il y avait dans sa conversation aux r qui roulaient comme la calèche sur la route des montagnes de la poésie, du quotidien, de la nostalgie et la mémoire des humiliations de la période coloniale, de la guerre, entremêlées dans un immense amour de la France et de ses valeurs.
Tout y passa.
Les élections présidentielles, la place des femmes, la recherche forcenée de ses origines, l'influence de la télévision, les méfaits du nationalisme, l'évolution des méthodes éducatives...
Comme un clin d’œil à la société métissée que j'aime, le couscous fut suivi d'une galette des rois.
En rentrant chez moi tard le soir, je méditais sur la chance de vivre à Paris, d'y faire voisiner des passés différents et d'envisager sereinement un futur commun à l'ombre des lumières et des valeurs de ce fabuleux creuset.

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Inauguration de l'IVT international visual theater
Les sourds parlent leur langue et le monde en est changé.
Ce soir, c'est l'inauguration de l'IVT international visual theater.
Fruit du travail de l'état, de la région Ile de France, de la ville de Paris, il est surtout la consécration du rêve d'Emmanuelle Laborit et de ses camarades artistes.
Sourde de naissance, Emmanuelle ne sait jamais sentie handicapée.
Elle a en revanche ressenti les meurtrissures de l'exclusion. Parce qu'elle parlait avec ses mains, dans un monde où les autres parlent avec la bouche, elle a pâti de la dictature de la norme.
Mais sa détermination, son talent, sa beauté et son énergie communicative ont brisé tous les murs, ouverts tous les cœurs et les intelligences à recevoir le formidable cadeau de sa créativité.
Jeudi, avec sa troupe, elle donnait le roi Lear de Shakespeare.
ça ne ressemble à rien de ce que vous connaissez.
La pièce, revisitée, enrichie de la musique pour les yeux qu'est la langue des signes des comédiens sourds, rehaussée par une musique originale jouée en direct désarçonne et oblige à se départir de tous ses clichés.
Je n'ai pas tout capté mais comme les acteurs parlent aussi en français, j'ai goûté à ma manière le spectacle.
Courez-y !

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L'accouchement de la citoyenneté Hier soir, dans les salons Vianey, j'ai assisté à un accouchement.
Un long cri de douleur, une longue plainte, suivie d'une délivrance.
350 personnes ont durant deux heures vibré, piaffé, râlé exulté.
Je n'aurai jamais cru que nous serions si nombreux !
Quelle créativité, quelle énergie ! quelle force pour l'avenir !
et dire que la France s'est passé jusqu'à présent des capacités de temps de ses enfants !
Assurément, c'est terminé.
Les personnes en situation de handicap pourraient bien être le grain de folie de cette campagne !
A suivre !

 
 
 
dimanche 21 janvier
Jeudi 18 Janvier congrès de l'UNISDA
mes racines
Inauguration de l'IVT international visual theater
Le mardi 9 janvier 2007
 
 
 
 
 
 
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